Les néo-casse-couilles



Les « Quoi, t'es pas la Freebox? »

C'est ceux à qui tu demandes juste en passant un vague conseil sur le meilleur opérateur téléphonique, et que cette question met en transe. Ils te dégobillent aussi sec une encyclique imbitable où il est question de « dégroupage total », d'« énoooorme bande passante de 20 mégakekchose », et de modem wi-truc tellement pouet-pouet qu'il peut même faire sex-toy. Et si tu ne prends pas l'opérateur qu'ils préconisent, tu les déçois horriblement et ils ne veulent plus jamais aller danser avec toi.



Les « Pas ce soir, je répète »

C'est ceux qui ont peut-être un boulot de cake, mais aussi, désormais, une cerise sur le gâteau grâce à un hobby digne de Pete Doherty qu'ils viennent de se découvrir. Avec trois copains, ils ont monté un groupe, les Dino Gore, et si tu ne les as pas entendus sur MySpace, tu peux encore les voir sur YouTube. Et si tu les rates vraiment partout, alors c'est pas grave non plus parce qu'ils sont demain en concert dans ta cave. Ou alors ils te gravent un CD si tu veux. Bref, pour leur échapper, il faut décéder.



Les « Bouge pas, je te prends en photo sur mon tél ! »

C'est ceux qui ont l'air de t'écouter avec passion, sauf que, tout à coup, une idée leur saute à l'esprit : te prendre en photo avec leur mobile pour que, quand tu les appelles, ils voient ta tronche pour que ça leur rappelle qui tu es tellement ils t'aiment. Bref, au nom de cette opération appelée « associer contact », ils te foutent leur tél dans l'œil et prennent une photo de toi que même un radiologue oserait pas garder. Et après, ils disent « appelle-moi, tu vas voir », pour te montrer in vivo comment ça fait quand ta trombine hilarante surgit au débotté sur leur tél.



Les « Je fume où je veux, quand je veux »

C'est ceux qui sont hyper au courant que, bientôt, ça va arrêter de rigoler pour les fumeurs dans les lieux publics. Du coup, ils se vengent en fumant trois fois plus, comme si c'était là un acte rebelle à côté duquel le combat du Che était une opération tue-mouches. Quand tu leur dis gentiment que la fumée te gêne, ils te jugent comme si tu étais une tortionnaire qui ne sait pas respecter les dernières volontés d'un mourant.



Les « J'ai toujours eu la barbe »

C'est ceux qui se sont laissé pousser la barbe dès qu'ils ont vu que c'était à la mode. Mais attention, ils restent free dans leur tête et rebelles dans leurs requêtes, et si tu leur fais remarquer que c'est poilant et que ce sont de vraies minettes suiveuses de tendances, tu as un cours de dix plombes sur le thème de « ouais mais moi j'avais décidé de me la laisser pousser avant que ce soit vraiment la mode et même si on va chercher par là c'est ceux à la mode qui m'ont imité moi plutôt que moi qui les ai imités eux, bébé ». A la fin, tu leur donnes raison pour qu'ils la bouclent.


Les « Mais non, elle a pas de faux seins »

C'est ceux qui remarquent sur toi le moindre détail, genre sur ta joue une cicatrice de bouton du siècle dernier, mais qui, quand ils croisent Raquel Welch dans un bar à la mode, trouvent que c'est normal qu'une femme née en 1940 ait la peau d'une enfant de 6 ans et des seins mafflus sur lesquels on pourrait faire dormir toute la famille du docteur Jivago. Bref, ces petits enfoirés te prennent pour une grande perverse de la jalousie intrinsèque si tu essaies simplement de leur déciller les yeux.


Les « C'est quoi ce truc improbable? »

C'est ceux qui sont au courant que le nouveau mot à la mode, c'est plus « hallucinant », c'est « improbable ». Du coup, comme par une relation de cause à effet, ils l'emploient aussi pour ce qu'on pourrait appeler une sorte de nouvelle douceur machiste. Par exemple, si ta meilleure amie n'est pas une bombe sexuelle, ils te disent : « Ouais, elle est sympa, mais elle a un physique improbable. » Ou bien : « La fidélité, c'est pas un peu improbable ? » Bref, comme le mot est à la mode, donc un peu « au second degré », tu peux pas vraiment les traiter de goujat, ce serait vraiment trop improbable comme attitude.



Les « Mes cheveux sont mieux quand ils sont sales »

C'est ceux qui ont tellement peur qu'on les prenne pour des gays qu'ils ont cherché et trouvé une solution miracle : ils ne se lavent plus les cheveux. C'est bien connu que le gay est obsessionnel avec sa coiffe, et donc Mister Sébum se trouve ainsi parfaitement repositionné not gay, en plus qu'une formidable odeur de phéromones monte de son capillaire. Seul hic, quand tu passes ta main dans ses cheveux, tu peux te faire de la salade après. Et quand tu lui touches la tête, il supplie que tu grattes un peu aussi, rapport au fait que ça le démange. Ça prend des heures, c'est horrible.



Les « J'ai tout compris à "Lost" »

C'est ceux qui se téléchargent « Lost » dès que c'est diffusé aux Etats-Unis et sont donc toujours hyper au courant de ce qui va se passer par la suite. Mais il ne faut pas croire que ça leur suffise. Ils ont aussi leur théorie sur la série, notamment ils te donnent une clef, vraie ou pas, comme quoi ces gens sont sur cette île parce qu'il y a eu la fin du monde, rapport à la fonte de la calotte glaciaire du pôle Nord, laquelle aurait entraîné le retournement sur elle-même de la Terre, comme c'était sans doute déjà arrivé à l'époque du déluge, et que tout ça c'est aussi dans Houellebecq, et que donc, et que donc… mais je vais pas vous dire la suite et me montrer aussi lourde qu'eux, non ?



Sophie Fontanel



Article ajouté le 2008-05-27 , consulté 53 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Toi & Moi "


Retour aux articles


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever